Histoires du Nord

Le blogue de Lasclay

Histoires du Nord

Des récits de grand froid, du Yukon à l'Everest et jusqu'à 817 kilomètres du pôle Nord, racontés par ceux qui y sont allés. Skieurs, biologistes, photographes et clients en rapportent des images, et ce que la soie d'asclépiade a vécu là-haut.

Descendre dans le froid ↓

Images : Jean-Simon Bégin, Sylvain Lamothe et l'équipe de recherche sur la faune d'Alert (UQAR).

« D'un temps glacial où le vent était la seule mélodie du monde entier. »
Jean-Simon Bégin, à propos des boeufs musqués du Nunavik

Il y a des gens qui savent le froid. Pas comme on lit une prévision : comme on connaît une langue, à force de la parler. Ils savent à quelle heure le vent se lève sur un lac gelé, ce que le vent de la toundra fait à un visage, et combien de temps des mains tiennent à l'arrêt.

Nous, on fabrique une mitaine d'asclépiade. C'est le prétexte. Ce qu'on voulait vraiment, c'est ce que ces gens-là en sont revenus dire.

La soie d'asclépiade est creuse : elle emprisonne l'air, et l'air immobile est tout ce qui sépare une main du froid. Une plante de fossé, que le Québec a arrachée pendant un siècle, et qui s'est rendue pas mal plus loin que nous.

L'échelle du froid

Cinq récits, rangés comme on monte vers le pôle. Plus on lit vers le haut, plus l'air se tait.

  1. 82°30′ NStation des Forces canadiennes Alert, île d'Ellesmere, NunavutL'équipe de faune d'Alert : des biologistes à 817 km du pôle Nord
  2. 64°04′ NDawson City, Yukon, et l'intérieur de l'AlaskaBernard Desgagné : −36 °C entre le Yukon et l'Alaska
  3. 58° NNunavikJean-Simon Bégin : le photographe qui suit la faune du Nunavik
  4. 54°48′ → 58°06′ NNord du Québec, de Schefferville à KuujjuaqSylvain Lamothe, Chantale Dufour et Thomas Sonveau : 32 jours de Schefferville à Kuujjuaq
  5. 7 000 mFace sud de l'Everest, NépalJean-François Tardif : la soie d'asclépiade à 7 000 m sur l'Everest

Les récits

« Ils se serrent les uns contre les autres pour protéger leurs petits. Ils se réchauffent comme un seul être. »Jean-Simon Bégin, boeufs musqués du Nunavik

Le carnet d'images

Ce qu'ils ont rapporté de là-haut. Chaque image mène à son récit.

Ceux qui vont là-haut

Nos mitaines sont un prétexte. Le vrai sujet, ce sont ces gens-là, et le travail qu'ils font quand personne ne regarde.

Une de ses photos au drone, près de Schefferville, en janvier 2026

Sylvain Lamothe

Photographe documentariste, Schefferville

Il vit à Schefferville huit à dix mois par année et travaille en pige pour la communauté innue. Son sujet, depuis des années, c'est le Nitassinan et ses habitants innus, naskapis et allochtones. Son exposition « Tshikauinu assi, la terre mère » raconte le lien entre l'Innu de Matimekush-Lac John, son territoire et la vie d'aujourd'hui.

Photo de Sylvain Lamothe

Chantale Dufour

Skieuse, présidente de Mamu Pemuteitau

Infirmière retraitée, arrivée au dispensaire de Matimekush-Lac John en 2020, elle a choisi d'y rester. Au printemps 2026, elle a skié de Schefferville à Kuujjuaq : cinq cents kilomètres en trente-deux jours. Avec Sylvain, elle a fondé Mamu Pemuteitau, « marchons ensemble » en innu-aimun, un club de marche dont le conseil compte cinq membres innus.

Jean-Simon Bégin, cache-cou d'asclépiade au visage

Jean-Simon Bégin

Photographe animalier et peintre

Il retourne au Nunavik depuis 2015 pour suivre la harde de caribous de la rivière aux Feuilles, et il y guide les séjours photo d'une pourvoirie autochtone pendant la migration d'automne. Il a mis des années à photographier un ours blanc, et il en a tiré une leçon : accepter de revenir sans l'image qu'on était venu chercher.

L'équipe, sur une grève de l'île d'Ellesmere

L'équipe de faune d'Alert

Biologistes de l'UQAR, île d'Ellesmere

Huit biologistes, neuf ans de travail au laboratoire de faune le plus nordique du monde, à 817 kilomètres du pôle. Leur chantier : le premier plan de gestion de la biodiversité du Haut-Arctique, inventorier ce qui est là pendant que c'est encore là.

À Dawson City, photo de son voyage

Bernard Desgagné

Client, carnet de froid à la main

En février 2023, il part en excursion au Yukon et en Alaska. Ses mitaines le rejoignent au fin fond du voyage. Il note la température avant de donner son avis : moins trente à Dawson City, moins trente-six en Alaska. Il nous a aussi envoyé ses photos.

Jean-François Tardif à l'entraînement au mont Mégantic, en 2016, dans sa combinaison orange. Photo : Radio-Canada

Jean-François Tardif

Alpiniste amateur québécois

Avant l'Everest, il avait fait l'Aconcagua et le Cho Oyu. En 2015, il a monté le premier prototype isolé à la soie d'asclépiade au mont Lafayette, puis l'a porté sur l'Everest en 2016, jusqu'à sept mille mètres. C'est lui qui a remarqué que la fibre garde sa chaleur même écrasée.

Et par chez nous, le même hiver

Le Grand Nord fait les belles histoires. La plupart de nos mitaines passent l'hiver à promener un chien, à pelleter une entrée, à tenir un bâton de ski. Voici ce que les gens en écrivent, en public, sur la boutique. Il y en a des centaines d'autres.

★★★★★

« Je les ai testées à des températures allant jusqu'à −24 °C et à mon grand bonheur, j'ai gardé les mains chaudes. »

Richard Mathieu, marche et ski de fond

★★★★★

« En ski de fond, par des températures de −25 Celsius, elles m'ont gardé au chaud pendant une heure de sport, même le pouce s'est mis au chaud après quelques minutes. »

Mario Guertin, ski de fond

★★★★★

« Ride de motoneige antique cette fin de semaine. −20 et très impressionné. Elles sont très raides au début mais s'assouplissent après quelque temps. »

Gaby, motoneige

★★★★★

« Je suis une frileuse finie (syndrome de Raynaud), et ce sont les mitaines les plus chaudes et confortables que j'ai eues de ma vie. Dès que je suis active, elles gardent au chaud, j'ai même eu chaud aux mains à un ressenti de −28°. »

Stéphanie, syndrome de Raynaud

★★★★★

« Mes mitaines Lasclay me tiennent chaud tous les jours alors que je parcours la ville en vélo l'hiver ! »

Caroline Frenette, vélo d'hiver

★★★★

« J'ai acheté vos mitaines première génération ; elles me tiennent bien au chaud. Le matériel tient bien et je souhaite les garder encore longtemps. »

Anne-Marie Gagné, première génération

Ce qu'ils portaient

Des pièces isolées à la soie d'asclépiade, une fibre creuse qui retient l'air immobile.

Les images des récits sont celles des gens qui y étaient : Sylvain Lamothe, Jean-Simon Bégin, l'équipe d'Alert, Bernard Desgagné et Jean-François Tardif, ou les journalistes qui les ont suivis. Aucune n'a été générée.

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