Alert est le lieu habité en permanence le plus au nord du monde, à 817 kilomètres du pôle. Une équipe de l'UQAR y étudie la faune du Haut-Arctique, et dix paires de nos mitaines y ont passé l'été 2025.
Station des Forces canadiennes Alert, île d'Ellesmere, Nunavut82°30′ N, 817 km du pôle−50 °C
Photos : l'équipe de recherche sur la faune d'Alert (UQAR).
Alert est à la pointe nord-est de l'île d'Ellesmere, au Nunavut, par 82°30′ de latitude nord. Le pôle Nord est à 817 kilomètres. Ottawa est à 4 151 kilomètres, et Stockholm est plus proche que Montréal.
La Défense nationale la décrit comme « l'emplacement habité en permanence le plus septentrional au monde ». Environ 55 personnes y vivent, militaires et civils, par rotations de trois à six mois.

Le nom vient du HMS Alert, un navire de la Royal Navy qui a hiverné à une dizaine de kilomètres de là en 1875 et 1876. Une station météo s'installe sur la côte en 1950. En 1958, les Forces canadiennes y ouvrent une station d'écoute des transmissions. Depuis 1975, Environnement Canada y mesure le gaz carbonique de l'air, au poste le plus nordique du réseau mondial de la Veille de l'atmosphère globale.
Il y tombe à peine 17 millimètres de pluie par année. C'est un désert. Le soleil disparaît vers le 10 octobre et revient au début de mars, puis, d'avril à septembre, il ne se couche plus. Le 23 janvier 1993, −45 °C et un vent de 40 km/h y ont donné un refroidissement éolien de −71.
Le 14 juillet 2019, le thermomètre y a atteint 21 °C, le record de chaleur de la station.



En 2018, l'Université du Québec à Rimouski et la Défense nationale y ont ouvert un laboratoire de recherche sur la faune, le plus nordique du monde. Il est mené par Dominique Berteaux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité nordique, et par François Vézina.
En 2019, l'équipe a posé des colliers satellites à 25 lièvres arctiques. À l'automne, 21 sont partis ensemble vers le lac Hazen, à plus de 70 kilomètres, et certains ont marché jusqu'à 388 kilomètres. C'est la première migration documentée chez un lièvre (Scientific Reports, 2022).
Le bruant des neiges, lui, a parfois trop chaud. Au-delà de 11,7 °C ressentis, il doit nourrir ses petits moins souvent pour ne pas surchauffer, et Alert a déjà connu des journées entières au-dessus de ce seuil (Proceedings of the Royal Society B, 2022). Au printemps, les lemmings sortent sur la neige pour se réchauffer au soleil, même sous l'œil des prédateurs (Frontiers in Ecology and Evolution, 2025).
En 2019, une année riche en lemmings, l'équipe a compté quatre portées de renards arctiques, une d'hermines et neuf couvées de harfangs des neiges.
En mars 2025, un des chercheurs nous a écrit. Il cherchait des mitaines pour son équipe.
« Les conditions arides, froides, humides, venteuses et poussiéreuses, en perpétuel changement, nécessitent un matériel des plus fiables et durables. »L'équipe de recherche sur la faune, 14 mars 2025
Nous avons envoyé dix paires de mitaines de plein air, en quatre grandeurs, au début de juin. La saison de terrain va de juin à la fin d'août, pendant l'été polaire.

« Certaines mitaines sont déjà à Alert avec une partie de l'équipe. Elles nous seront très utiles en VTT et pendant nos moments d'observation et d'attente au froid. »26 mai 2025

Le bilan est arrivé le 26 août.
« Un grand merci pour vos mitaines qui nous ont bien tenues au chaud cet été ! »26 août 2025
Dix paires de mitaines d'asclépiade ont passé l'été à 817 kilomètres du pôle, aux mains de ceux qui comptent les lièvres, les lemmings et les harfangs du Haut-Arctique.
Le carnet d'Alert
Ce que l'équipe a rapporté de la saison de terrain, entre juin et la fin d'août, l'été polaire.




L'équipe de faune d'Alert
Biologistes de l'UQAR, île d'EllesmereHuit biologistes, neuf ans de travail au laboratoire de faune le plus nordique du monde, à 817 kilomètres du pôle. Leur chantier : le premier plan de gestion de la biodiversité du Haut-Arctique, inventorier ce qui est là pendant que c'est encore là.
Défense nationale, opération Boxtop, et Aviation royale canadienne, Station des Forces canadiennes Alert. Environnement et Changement climatique Canada, normales et records de la station d'Alert. UQAR, laboratoire de recherche sur la faune d'Alert.
Photos, vidéo et citations : l'équipe de recherche sur la faune d'Alert, 2025.
Ce qu'ils portaient
Des pièces isolées à la soie d'asclépiade, une fibre creuse qui retient l'air immobile.
D'autres histoires du Nord
58° N
Jean-Simon Bégin : le photographe qui suit la faune du Nunavik
Photographe canadien de l'année 2021, il suit au Nunavik une harde de caribous passée d'environ 650 000 à 155 000 bêtes.
Lire le récit →
64°04′ N
Bernard Desgagné : −36 °C entre le Yukon et l'Alaska
Dawson City à −30 °C, l'Alaska à −36 °C. Un client y a porté ses mitaines en février et mars 2023, et nous a écrit deux fois.
Lire le récit →
7 000 m
Jean-François Tardif : la soie d'asclépiade à 7 000 m sur l'Everest
Quatre ans avant Lasclay, un alpiniste québécois a porté la soie d'asclépiade jusqu'à 7 000 m sur l'Everest. Elle était trop chaude.
Lire le récit →
