Du 14 mars au 15 avril 2026, Chantale Dufour et Thomas Sonveau ont skié environ 500 kilomètres sans ravitaillement, de Schefferville à Kuujjuaq. Sylvain Lamothe suivait en motoneige avec le campement, et c'est lui qui a fait les images.
Nord du Québec, de Schefferville à Kuujjuaq54°48′ → 58°06′ N−40,4 °C
Photo d'ouverture : Sylvain Lamothe.
Entre Schefferville et Kuujjuaq, il n'y a pas de route. Il y a 379 kilomètres à vol d'oiseau, et environ 500 par un ancien chemin de lacs et de vallées qui relie le territoire naskapi aux Inuits de la baie d'Ungava (Espaces).
Du 14 mars au 15 avril 2026, deux skieurs l'ont parcouru. Chantale Dufour, 58 ans, infirmière retraitée, et Thomas Sonveau, 45 ans, d'origine belge. Sylvain Lamothe, le conjoint de Chantale, suivait en motoneige avec le matériel de campement, et c'est lui qui a fait les photos de cette page. Ils ont voyagé 32 jours sans un seul point de ravitaillement entre les deux villages.

« 2 semaines avec des maximums sous les −30 °C et des nuits sous les −40 °C (sans compter le facteur éolien !) »Chantale Dufour, expédition Schefferville-Kuujjuaq
Il y a eu des blizzards et des vents de 80 km/h. Une fixation a cassé, et Thomas Sonveau a fini la traversée avec un ski à un pied et une raquette à l'autre (Espaces).

Schefferville est née en 1954 autour d'une mine de fer de l'Iron Ore Company of Canada, fermée en 1982. La ville compte aujourd'hui 244 habitants. Elle touche Matimekush, communauté innue de 661 personnes, et Kawawachikamach, communauté naskapie de 641 personnes, est à quinze kilomètres. On y arrive par avion ou par le train de Tshiuetin, la première compagnie ferroviaire au Canada détenue et exploitée par des Premières Nations. Le record de froid y est de −50,6 °C, le 7 février 1950.

Sylvain Lamothe vit à Schefferville huit à dix mois par année. Photographe documentariste, il travaille en pige pour la communauté innue, et son sujet depuis des années est le Nitassinan et ses habitants. Il l'écrit ainsi sur son site : « Les outils technologiques sont les pinceaux que j'utilise pour éclairer les éléments de la nature au delà du 55e parallèle et de ses habitants innus, naskapis et allochtones. » Son exposition « Tshikauinu assi, la terre mère » porte sur les rapports entre l'Innu de Matimekush-Lac John, son territoire et sa vie dans la société moderne.
« J'utilise la force du portrait intimiste pour raconter, soit l'émotion d'une longue vie passée au cœur du Nitassinan, soit l'espoir d'une jeunesse sur laquelle repose l'avenir d'une Nation. »Sylvain Lamothe, texte de son exposition « Tshikauinu assi, la terre mère »
Lui et Chantale ont aussi fondé un club de marche, Mamu Pemuteitau, « marchons ensemble » en innu-aimun. Elle en est la présidente, lui le secrétaire-trésorier, et son conseil compte cinq membres innus et trois allochtones. Le club marche avec les communautés de Matimekush-Lac John, de Kawawachikamach et de Schefferville, et veut baliser des sentiers avec des panneaux en langue innue faits par les élèves de l'école de la communauté.

Le 15 avril, ils sont arrivés à Kuujjuaq, l'ancien Fort Chimo. C'est le plus grand village du Nunavik, avec 2 668 habitants, sur la rive de la Koksoak, à une cinquantaine de kilomètres de la baie d'Ungava. Le record de froid y est de −49,8 °C.
Au retour, Chantale nous a écrit à propos de son cache-cou.
« Le cache-col en asclépiade a été le seul rempart entre notre visage et la morsure du froid. »Chantale Dufour, au retour
« Un excellent produit pour recouvrir mon visage lors de mon expédition de 32 jours en ski, aucune engelure ! »Chantale Dufour, après la traversée
En janvier 2024, elle avait déjà laissé un avis public sur ses mitaines.
« Je les utilise surtout pour faire du ski nordique, mes mains restent au sec et au chaud, facile à enlever et à remettre rapidement, les coutures tiennent bien cette fois-ci. Par grand froid, je rajoute une coquille… beau produit, j'adore mes mitaines ! »Chantale Dufour, avis public, 10 janvier 2024
Le carnet de Sylvain Lamothe
Trente-deux jours de photos, prises par l'homme qui suivait en motoneige avec le campement.















Sylvain Lamothe
Photographe documentariste, ScheffervilleIl vit à Schefferville huit à dix mois par année et travaille en pige pour la communauté innue. Son sujet, depuis des années, c'est le Nitassinan et ses habitants innus, naskapis et allochtones. Son exposition « Tshikauinu assi, la terre mère » raconte le lien entre l'Innu de Matimekush-Lac John, son territoire et la vie d'aujourd'hui.

Chantale Dufour
Skieuse, présidente de Mamu PemuteitauInfirmière retraitée, arrivée au dispensaire de Matimekush-Lac John en 2020, elle a choisi d'y rester. Au printemps 2026, elle a skié de Schefferville à Kuujjuaq : cinq cents kilomètres en trente-deux jours. Avec Sylvain, elle a fondé Mamu Pemuteitau, « marchons ensemble » en innu-aimun, un club de marche dont le conseil compte cinq membres innus.
Espaces, 20 avril 2026. Radio-Canada, Place publique, 15 avril 2026. Environnement et Changement climatique Canada, records de Schefferville et de Kuujjuaq. MétéoMédia, record d'avril 2026.
Photos : Sylvain Lamothe. Citations : les commentaires de Chantale Dufour sur la Page Facebook de Lasclay, le 21 septembre 2026 et le 2 octobre 2026, son avis public du 10 janvier 2024 et les textes de Sylvain Lamothe sur son site.
Ce qu'ils portaient
Des pièces isolées à la soie d'asclépiade, une fibre creuse qui retient l'air immobile.
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